couverture

Ce qui ne peut se dire

Un essai sur le silence et les ateliers d'écriture

« Ce livre est le fruit d’une trentaine d’années de travail dans les ateliers d’écriture. Il ne prétend ni à l’exhaustivité, ni au statut de méthode. Tout au contraire si j’ai une certitude, c’est que l’atelier dépend du cheminement intime de l’écrivain qui l’anime ; affaire de désir et d’instinct, de nécessité comme l’écriture elle-même, pressant chacun de réinventer une méthode liée à sa conception unique de l’acte d’écrire, à sa langue et à son rapport au monde.

Les ateliers d’écriture sont un des rares lieux fondés sur le don et le partage, dons et partages qui nous enrichissent et nous arrachent au passage à l’abjecte logique économique, ce qui n’est pas une mince satisfaction. Aussi ai-je voulu restituer ici la dimension collective du travail en atelier, tant de celui qui le mène que de ceux qui y écrivent, même si chacun écrit pour soi dans la quête de sa singularité.

Je voudrais encore une fois remercier tous ceux qui, travaillant avec moi, m’ont permis d’approfondir les questions relatives à l’écriture, à la création, à la conduite de groupes, et d’y apporter des réponses, au moins provisoires. Elles nourriront, je l’espère, d’autres écrivains engagés comme moi dans cette aventure qui participe de l’essentielle idée d’éducation populaire dont chaque intellectuel, en ces temps où la barbarie renaît plus terrifiante d’être désormais planétaire, devrait avoir à cœur de protéger, au creux de ses jours, la vacillante flamme. » (400 p., Actes Sud, février 2014) > Dossier de presse et rencontres.


"De mes ateliers à la Maison de l’Écriture"

"J’anime des ateliers d’écriture depuis 30 ans. À raison d’une dizaine de stages par an et de 15 personnes par groupe en moyenne, j’ai travaillé avec 4500 personnes de tous les milieux, de 7 (au CP) à 84 ans (la doyenne des ateliers). De cette diversité émergent pourtant des thèmes récurrents : besoin pour écrire et penser librement de s’extraire du quotidien, des autres (« avoir une cachette », disent les petits) ; d'avoir du temps (leitmotiv des « grands »).

Ce besoin si souvent exprimé s’est imposé au moment où Joseph – mon époux, mon complice dans l’accueil des stagiaires – et moi, avons décidé de quitter Arles pour faire construire, dans une campagne abritée de l’infernal mistral, une maison bioclimatique. Et si nous achetions un terrain plus grand que nécessaire pour y implanter ce rêve de Maison de l’Écriture ?

Le fleuve OrbQuand les projets sont mûrs, ils se réalisent : sur le terrain qui nous enchantait, dans les hauts-cantons de l’Hérault, au bord du fleuve Orb, se trouvait un mazet modeste datant de 1934 : nous l’avons mis à la disposition de l’association Ermitage qui rassemble les participants à mes ateliers. Restait la question du financement des travaux. Rares sont ceux qui font fortune dans la littérature, et, autant le dire nettement, je fais partie de ceux qui n’en vivent pas. Mais dans l’association, trois jeunes femmes modernes et aventureuses détenaient la solution : le crowfunding.
Passé un temps de sidération devant l’animal surgi d’outre-Atlantique, la solution nous a paru miraculeuse.
Nous l’avons mise en acte. Ici vous saurez tout."

V. L.-N.