couverture Gallimard, coll. Page Blanche 2000, coll. Scripto 2002, Prix Jeunesse de la Foire du Livre de Brive 2000.

"Etrange et beau livre. Placé sous le signe de Rimbaud, de la beauté et du désespoir. C'est l'histoire d'un amour, d'une fascination; celle d'Omar, 16 ans, pour Alexandre, un garçon mystérieux, lecteur exclusif du poète fulgurant, maltraité par son père et quêtant désespérément son amour. Ce récit est une longue lettre adressée par Omar à Assia, la compagne du père, après la catastrophe et peut-être la mort de son ami. Une longue et bouleversante illumination." (Magazine Lire)

"Il ne faut pas attendre de Virginie Lou qu'elle écrive des romans à l'eau de rose. Elle traque le mal-être adolescent. Ici, elle met en scène des relations complexes au père. Un père qui fascine, un père si fort qu'on ne peut le vaincre, un père dictateur qui entrave l'épanouissement de son fils.
Dans ce journal destiné à la femme qui a servi de mère à Alexandre, Omar tente de comprendre et de s'expliquer les évènements d'un moment important de sa vie, quand il a été ami avec ce garçon. Alexandre est un adolescent doux et rêveur, complexe et idéaliste, attiré par la beauté de la littérature. Son père est un homme dur, un mercenaire, qui ne conçoit pas d'avoir un fils différent de lui. Omar est lié avec Alexandre par une amitié exclusive, jalouse, quasi-homosexuelle. Il voudrait libérer son compagnon de l'emprise qu'exerce son père, pour posséder la même aura que lui. Alexandre se veut libre de toute entrave, comme le papillon qu'il s'est fait tatouer sur le bras. Quand Alexandre disparaît, son ami se sent coupable et cherche à comprendre la raison de cette fuite.
Le monde, dans ce roman sombre et prenant, est dur, les pères -celui d'Alexandre aussi bien que ce lui d'Omar qui est géographe- sont absents et ne comprennent pas leurs fils. S'ils sont présents, ils veulent conformer leurs fils à leur image. Seule la mère nourricière d'Alexandre est douce et discrète.
Et Omar est seul, finalement. Personne ne peut parler avec lui et l'aider à comprendre ces six mois de sa vie. A ceux qui l'ont arrêté, il ne peut rien dire d'Alexandre, ni ses rêves de liberté, ni son refus du monde de guerre et de tueries que voulait lui imposer son père. Parce que jusqu'à leur fugue, il ne peut comprendre son ami, ne sachant rien de sa vie passée. Mais voici qu'il est parti. Il ne sait pas où il est, ni s'il vit encore. Désemparé, se sentant inutile, il lui reste fidèle. Et il garde un peu d'espoir..."

Jean TANGUY (www.livres-jeunesse.net